Marisol  Nichols - Une justicière à Hollywood.

Marisol Nichols - Une justicière à Hollywood.

Une justicière à Hollywood. L’actrice star de la série Riverdale, Marisol Nichols, joue le rôle de sa vie pour le plus grand bien de tous : celui de chasseuse de pédophiles.

Une chambre d’hôtel bon marché et délabrée, des vestes pare-balles prêtent à l’emploi, de la nourriture et des bouteilles d’eau, deux douzaines d’agents de police du département du Sheriff local, deux douzaines d’agents de police d’organismes extérieurs, un agent du FBI, deux figurants, deux civiles qui jouent les « appâts », un ami ancien enquêteur gouvernemental et l’actrice Marisol Nichols. Le décor est posé, et nous sommes loin des studios hollywoodiens. Pourtant, elle joue un rôle : celui d’un parent prostituant son enfant ou bien, selon les situations, celui d’un enfant prostitué à un homme, une ordure sur le chemin d’un hôtel lamentable pour avoir des relations sexuelles avec une jeune fille de 11 ans qui n’existe pas.
11 ans, c’est l’âge qu’avait Nichols lorsque sa vie a été chamboulée : elle a été victime d’un viol par un groupe de garçons lors d’une soirée à laquelle elle s’était rendue avec une amie. Elle se demande encore aujourd’hui « ce qui m’a prit de me mettre dans une telle situation à mon âge ». Elle sait pourtant que ce n’est pas de sa faute, mais elle a constamment besoin de se le rappeler.

Nichols envoi un message via une application très populaire chez les prédateurs d’enfants. Dans ce message, elle prétend être le père d’un enfant. Sur internet, elle joue un trafiquant qui aguiche des adultes souhaitant avoir des relations sexuelles avec des enfants. Au téléphone, elle simule la voix d’une enfant droguée et penaude.
Contrairement à ses autres rôles, elle n’est pas payée pour celui-là. Elle a voyagé à ses frais depuis chez elle à Los Angeles jusqu’à l’autre bout du pays pour deux jours d’opération. Elle a participé à une demi-douzaine de coups montés dans le monde entier sur ces cinq dernières années. Toujours de sa propre volonté. Chaque coup monté est une énième bataille dans une guerre qui pourrait ne jamais se finir. Ces prédateurs sont partout et vous essayez de les attraper un par un. Si deux jours d’opération permettent d’attraper un seul d’entre eux, cela en aura valut la peine, car au moins un homme ne sera plus capable de faire qui sait combien d’autres victimes.

Mais ces opérations sont difficiles. Nichols n’est pas toujours d’accord avec les tactiques utilisées et ces prédateurs sont imprévisibles. Les efforts fournit ne permettent pas toujours une arrestation. Pourquoi donc se prendre la tête ? Beaucoup d’américains aiment penser que le trafique sexuel d’enfants se déroulent principalement à l’étranger, dans des pays du tiers-monde et avec moins de parité des sexes. La vérité, c’est ce que ce genre de trafique est bel et bien une épidémie américaine. Nichols sait la brutalité du dark web. Les gens ne veulent pas l’entendre mais elle fait face à ce mal : « si les gens bien ne s’en préoccupent pas, ça continuera d’arriver, car seul les gens bien peuvent y faire quelque chose ».

Durant ses 20 ans de carrière, Nichols est apparut dans plusieurs séries policières. Elle a jouait les flics plus d’une fois et pour préparer ses rôles, elle accompagnait parfois des détectives sur des enquêtes d’homicide ou de stupéfiants. « J’ai un respect fou pour ces personnes. Ça a déclenché mon intérêt pour le monde du trafique ».
En 2012, elle a eu un passage à vide de deux ans et a décidé d’utiliser cette pause dans sa carrière pour s’immerger complètement dans le monde du trafique humain, en apprenant tout ce qu’elle pouvait et en communiquant avec des organisations et des individus travaillant sur ces problèmes. Elle voulait user de ses connections et de sa personne pour amener ce puissant sujet sur le tapis rouge, loin de paillettes et du glamour, un tapis rouge portait sur une véritable éduction et action.

En 2014, Nichols créer la Foundation for a Slavery Free World (Fondation pour un Monde Sans Esclavage). En plus de sa participation aux opérations sous couverture, elle parle publiquement du problème et met les parents en garde sur les dangers des réseaux sociaux et des enfants surfant sans surveillance sur internet. Elle décrit comme une jeune fille peut très facilement se faire prendre au piège par des prédateurs : ils peuvent prétendre être des enfants du quartier ou de l’école, ils se lient d’amitié avec des amis communs, ajoutent quelques hobbies similaires et démarrent des conversations qui sont à première vue innocente.

Attraper des pédophiles dépend de la technologie, et la technologie est en changement permanent. Durant ces deux jours d’opération, Nichols propose parfois ses propres tactiques. Cela ne dérange pas les officiers qui sont intéressés par d’autres approches. Elle publie des annonces qui attirent les prédateurs. Son partenaire joue le proxénète et Nichols imite une voix de préadolescente. « Sa voix, dès qu’elle parle » c’est ce qui les accrochent définitivement.
A la fin des deux jours, ils ont arrêté une douzaine d’hommes, aucun d’eux grâce à la méthode de Nichols mais celle-ci n’a pas l’air déçue. L’important c’est d’arrêter le plus de prédateurs possible, peu importe la méthode. Nichols prépare déjà de prochaines opérations. Elle espère pouvoir en faire certaine à l’étranger.

Chaque moment passé au près de la loi et de l’ordre public est une leçon sur le comportement humain de première main. Et de la matière pour ses prochaines prestations.

Pour lire l’article de Marie Claire :
https://www.marieclaire.com/culture/a32320089/marisol-nichols-undercover-child-predator-sting/

© Photo: Gage Skidmore - CC BY-SA 2.0

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